Avant de lancer une nouvelle gamme, comment travailler son merchandising en rayon ?

Un chef de rayon reçoit un plan d’implantation pour une nouvelle gamme de boissons énergétiques. Le planogramme prévoit quatre facings sur le linéaire central. Sur le terrain, l’espace disponible se limite à deux facings coincés entre deux marques historiques. Ce décalage entre ce qui est négocié en centrale et ce qui tient réellement en rayon résume le premier problème du merchandising avant un lancement : on pense le produit avant de penser la place.

Contraintes physiques du linéaire avant le lancement d’une gamme

Avant de dessiner un planogramme, on mesure. La largeur réelle du rayon, la profondeur de tablette, la hauteur entre deux étagères conditionnent ce qui peut être implanté. Une gamme pensée en bureau avec des packagings hauts se retrouve parfois couchée ou reléguée en bas de gondole faute de place verticale.

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Le merchandising en rayon commence par un audit physique du mobilier existant. On note les dimensions disponibles, le type de broche ou de tablette, et surtout les produits voisins. Car la nouvelle gamme doit cohabiter avec l’offre en place, pas la remplacer du jour au lendemain.

Des prestataires comme iDal Groupe interviennent directement en magasin pour réaliser ces relevés terrain et adapter l’implantation aux contraintes réelles de chaque point de vente, ce qui évite les allers-retours entre la centrale et le rayon.

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Un point souvent négligé : la capacité de réassort. Si le facing prévu ne permet de stocker que trois unités et que la rotation attendue est forte, le rayon sera vide avant le passage du réapprovisionneur. Mieux vaut réduire le nombre de références lancées et garantir une profondeur de stock suffisante par facing.

Responsable merchandising étudiant un planogramme pour optimiser le placement produit en rayon

Planogramme négocié et exécution terrain : combler l’écart

Un plan de merchandising ne vaut que s’il est exécuté. Les retours varient sur ce point, mais la majorité des équipes terrain constatent des écarts entre le planogramme validé en centrale et ce qui est réellement en place quelques semaines après l’implantation.

Documenter le plan pour le personnel en magasin

Le document transmis au chef de rayon doit tenir sur une page. Un visuel du linéaire vu de face, avec les références positionnées, les facings attribués et la logique de lecture (par usage, par prix, par format). Si le chef de rayon ne comprend pas le plan en moins d’une minute, il improvisera.

Chaque référence doit avoir une position précise et un nombre de facings défini. Les indications vagues du type « à placer à hauteur des yeux » ne fonctionnent pas, parce que la hauteur des yeux dépend du meuble et du magasin.

Vérifier l’implantation après le lancement

On prévoit un passage terrain dans les deux à trois semaines qui suivent la mise en rayon. L’objectif est simple :

  • Vérifier que les facings correspondent au plan initial et que les étiquettes prix sont bien positionnées
  • Identifier les ruptures de stock précoces, qui signalent soit une rotation plus forte que prévue, soit un problème logistique
  • Noter si des produits concurrents ont grignoté l’espace attribué à la nouvelle gamme, ce qui arrive fréquemment lors des réimplantations de nuit

Ce contrôle régulier transforme un lancement ponctuel en pilotage continu. Sans lui, l’implantation se dégrade en quelques semaines.

Facing et visibilité produit : arbitrer plutôt qu’empiler

La tentation classique consiste à lancer la gamme complète d’un coup pour occuper le maximum d’espace. Sur le papier, plus de références signifie plus de visibilité. En pratique, c’est l’inverse qui se produit.

Un client face à huit nouvelles références qu’il ne connaît pas ne sait pas par où commencer. Trois références bien positionnées avec un facing large convertissent mieux qu’une gamme complète compressée. On sélectionne les produits d’appel, ceux dont le positionnement prix ou l’usage est le plus lisible, et on leur donne l’espace nécessaire pour être vus.

La règle de base : un produit avec un seul facing sur un linéaire chargé a une visibilité quasi nulle. En dessous de deux facings, la probabilité que le client repère la référence chute fortement. On arbitre donc le nombre de références lancées en fonction de l’espace réel obtenu.

Cohérence visuelle entre le rayon et la communication

Si la marque communique en ligne ou en publicité sur un packaging précis, ce packaging doit être identifiable instantanément en rayon. On parle ici de cohérence phygitale : le client qui a vu le produit sur un écran doit le reconnaître sur la tablette.

Cela implique de vérifier que le conditionnement magasin est identique au visuel diffusé, que la PLV éventuelle reprend les mêmes codes couleurs, et que le balisage prix ne masque pas l’identité graphique du produit.

Rayon retail bien organisé avec une nouvelle gamme de produits correctement facée et étiquetée

Merchandising et démarque inconnue : un angle oublié avant le lancement

Lancer une nouvelle gamme attire l’attention des clients, mais aussi celle des sources de démarque. Les produits nouveaux, souvent en petit format ou en packaging premium, sont plus exposés au vol, surtout quand ils sont placés en tête de gondole ou sur des présentoirs ouverts.

On intègre cette dimension dès la conception du plan d’implantation :

  • Positionner les références à forte valeur unitaire dans des zones à bonne visibilité pour le personnel, pas uniquement pour le client
  • Éviter les présentoirs isolés en allée centrale pour les premiers mois, le temps que l’équipe intègre la gamme dans sa routine de surveillance
  • Privilégier une implantation en linéaire classique plutôt qu’en îlot si le magasin n’a pas de système antivol adapté au format du produit

Ce n’est pas le sujet le plus visible du merchandising, mais une gamme rentable est une gamme qui reste en rayon, pas dans les poches.

Le merchandising avant un lancement ne se résume pas à un joli planogramme. C’est un enchaînement de décisions physiques, logistiques et commerciales qui se jouent mètre linéaire par mètre linéaire. La gamme qui performe est celle dont l’implantation a été pensée avec les contraintes du magasin, pas contre elles.

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